23.08.2006
L'effet moleskine *
[...] Captieux, Retjons, Arue, un chemin à gauche vaguement empierré qui s’enfonçait entre les pins, une boule là, au creux de l’estomac, un dernier virage, le puits à balancier à gauche, une grange à droite, la jument Margot qui broutait l’herbe rase, nous étions arrivés.
C’était une vieille ferme comme on en voit encore dans la Haute-Lande entre Labrit et Sabres, écrasée de soleil, tapie au milieu de son airial à l’herbe roussie, les volets toujours clos à cause des mouches et de la chaleur.
La vie y était rustique, ni eau courante, ni commodités. J’y retrouvais mes grands-parents, Tantine, la garbure, le patois, l’omelette au jambon et mes espadrilles de corde. Le matin, pieds nus sur les grands carreaux passés au rouge, je faisais griller dans l’âtre, à l’aide de mon opinel, des tranches de pain larges comme des battoirs. [...]
* Paroles d'Elvire
18:40 Publié dans Le pays d'où je viens | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
09.08.2006
Benim adim barış kasteder *
Né au hasard des mutations
Dans une ville de garnison,
Au bord du Tarn, Quartier La Hire,
Je n’ai plus aucun souvenir.
Quand mes parents sont partis
Bien entendu je les ai suivis.
Et c’est ainsi que mon enfance
S’est passée hors de France.
De Salzbourg au Voralberg,
Innsbrück, Kufstein, Rattenberg,
La neige, les lacs et les forêts,
Dans ma mémoire sont gravés.
Esnandes, La Pallice, Rochefort
La Rochelle, ses tours, son port
D’autres étapes, d’autres détours
Suivirent notre grand retour.
Je suis descendu à Bordeaux,
Une ville, très comme il faut.
Sept ans, pour obtenir
De quoi faire mon avenir.
Après un serment, un soir,
Place de la Victoire,
J’ai pris ma blouse et mon stétho
Et bien connu les hôpitaux.
Bordeaux encore,
Et ce fut le Périgord.
Allons, allons, abrégeons !
Tout cela est un peu long !
Ce matin je t’écris
Prés du plateau de Gergovie
Et parfois, comme aujourd’hui,
Je me demande bien d’où je suis.
Gascon par mon père,
Rochelais par ma mère,
Une grand-mère de Guyenne
L’autre, très parisienne.
Et t’ai-je parlé de mon aïeule ?
Celle qui partit toute seule,
Aventurière fragile et blonde,
A la conquête du monde.
Mais l’amour l’attendait
Au pays d’Aziyadé.
Il était grand, il était fort,
Il l’aima sur le Bosphore.
Shéhérazade elle devint
Ils s’aimèrent tant et si bien
Qu’elle le mit dans ses bagages,
Et l'emmena dans son village.
L’homme d’Istanbul l’a épousée
De son nom, j’ai hérité
Un nom pour moi parfait
Là-bas, il veut dire Paix.
* Benim adim barış kasteder ? la traduction est dans les derniers vers !
Mise à jour :
Quelques photos supplémentaires dans l'album Rapa.
10:50 Publié dans Le pays d'où je viens | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note



