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10.04.2008

XII - Loïs, les dessous d'une carte... Kiss me !

9c24ac9bad67fe34efe6c9f2a79b50fb.jpgNous sommes toujours à Huntington beach, à quelques pas de la jetée.

Le Vincent’s pub est encore ouvert.

La nuit est tombée.


Un couple s’embrasse, ignorant la serveuse qui essuie, sans conviction, d’un air las, son comptoir.


Loïs leva les yeux, rencontra son regard inquiet.
Partir ? Demain ?
Elle se sentait étourdie, sans repères. Elle eut comme un vertige
Le Montana lui paraissait si loin, tellement loin. Elle revit la neige sale, se souvint du froid. Un frisson la parcourut.
Elle se blottit davantage contre lui, murmura :
- Embrasse moi !

Maxine gara sa Buick près de la jetée.
Les néons du Vincent’s pub dessinaient un halo blafard sur le trottoir. Elle distingua la silhouette d’un couple enlacé. Elle eut un vague sourire, se sentit bêtement indiscrète, détourna son regard vers l’océan.
Maxine prit une cigarette. Elle aimait sentir la fine douceur du liège de la Player’s sur ses lèvres. Ce petit plaisir l’étonnait toujours. Elle attendit quelques instants avant d’allumer son briquet. La sensation s’estompa, disparut. Elle tira une profonde bouffée. Le parfum sucré du tabac de Virginie l’enveloppa dans un nuage bleuté.
Elle fit quelques pas sur la jetée. L’air restait doux malgré l’humidité.
Maxine n’avait pas attendu l’appel de Loïs pour venir la chercher. L’après-midi avait été interminable et la solitude lui paraissait ce soir insupportable.
La silhouette du couple n’avait pas bougé. Ce baiser n’en finissait pas.
Elle écrasa sa cigarette et s’avança lentement.
Loïs l’aperçut la première, réprima une moue de contrariété en s’écartant de Don.
Don salua Maxine, elle lui tendit la main.
- J’aurais reconnu votre voix entre mille.
Elle ne lui laissa pas le temps de répondre.
- Vous n’allez pas passer votre soirée dans ce bar sinistre. Je vous emmène tous les deux chez moi.
Ils prirent la direction de Newport Beach par la route côtière. Le trajet fut silencieux. Loïs se sentait frustrée. Maxine avait rompu la magie d’une intimité naissante.
Loïs pressa sa cuisse contre celle de Don. Ce dernier n’osait bouger ne sachant que faire de son bras gauche. Son moignon était douloureux.
Begonia avenue, un jardin illuminé, une allée de gravier, une grande maison à varangue, éclairée a giorno, une mexicaine imposante, en tablier blanc, qui les accueille sur le pas de la porte.
- Maria nous a concocté quelque chose, entrez vite.

Contre toute attente, ce fut un dîner léger, agréable, charmant.
Don était souriant, détendu, plaisantait, faisait rire Maxine.
Loïs ne le quittait pas des yeux.

Vers vingt-deux heures Maxine manifesta sa fatigue.
- Il est bien tard. Maria a préparé une chambre pour Don. Je suis un peu lasse, je vais me reposer.
Loïs la regardait sidérée.
- Vous avez certainement des choses à vous dire. Je vous laisse seul.
Don se pencha vers Loïs, lui murmura quelque chose à l’oreille.
Elle rosit.
- Oh Don, this is silly
- I know, but I'm sentimental.

To be continued…

Copyright & copy - Bernard B. © 2008

Commentaires

Merci Bernie, tu n'as pas perdu le fil malgré tout ce temps passé.

Ecrit par : mab | 10.04.2008

What is so silly? I want to know !

Ecrit par : Bérangère | 14.04.2008

aaah enfin!!! quel plaisir de les retrouver même si je me pose la même question que Bérangère :-)

Ecrit par : lacigale | 14.04.2008

Mab : j'essaie, par la pratique régulière du sudoku, de conserver quelques circuits en état de marche coté mémoire... mais j'ai quand même du relire les épisodes précédents ;-)
Bérangère, Cigale : You would like to know what Don said ? Je m'en doutais :-) Vous me donnez une idée pour la note suivante !!

Ecrit par : bernie | 15.04.2008