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16.12.2006
Loïs, les dessous d'une carte - VIII
Non loin de Pedley
Riverside County
Californie
Vendredi 14 janvier 1949
Loïs ouvrit un œil, lentement, avec précaution, le referma aussitôt. Tempes battantes, paupières de plomb, estomac de feu, le chili du dîner avait laissé des traces. Elle avait peut-être aussi un peu forcé sur la Corona. Allan connaissait Don, elle avait voulu en savoir plus. Le repas s’était prolongé, les bières avaient succédé aux bières.
Elle se leva et se dirigea à tâtons vers la douche. Le plancher lui parut instable. L’eau était à peine tiède. Elle essaya de faire le point.
En fait, elle n’avait rien appris ou si peu. Allan et Don s’était rencontrés à plusieurs reprises et avaient eu des contacts réguliers. Mais c’était avant la guerre et depuis 1941, plus rien.
Elle savait maintenant qu’il était grand, plus de six pieds, qu’il avait une réputation de séducteur et qu’il se prenait un peu trop pour un intello. Enfin selon Allan. Allan, comment Judith pouvait-elle supporter un tel lourdaud ? Il n’avait débité que des banalités toute la soirée et avait fait un portrait en demi-teinte de Don. Il avait réussi, non pas à l’inquiéter, mais à la troubler. Depuis hier soir, l’image qu’elle s’était faite de Don au cours de leurs contacts radio ou au travers des lettres était brouillée.
Elle s’habilla. Il était dix heures.
Dans la cuisine, Judith l’attendait il y avait du jus d’orange du café, des œufs brouillés, des toasts… Judith rit en l’embrassant. Elle lui tendit un verre d’eau, y jeta un comprimé qui disparut dans un nuage de bulles. Loïs jeta un coup d’œil à la boite… from acid indigestion, headache, hangover… tout à fait ce qu’il lui fallait.
Elle repoussa les œufs, impossible. Le jus d’orange était une pure merveille, le café insipide.
Judith posa un téléphone près de la cafetière et lui tendit une carte avec un numéro de téléphone.
A la troisième sonnerie, on décrocha. Le déclic résonna jusque dans la poitrine de Loïs.
Elle sursauta en entendant une voix féminine.
- Bonjour, je voudrais parler à Donald.
- De la part de qui ?
- Loïs… une amie.
Il y eut une pause, interminable, trois secondes, trois secondes d’éternité.
- Ah, vous êtes Loïs. Don n’est pas là pour l’instant. Il devrait rentrer dans deux ou trois heures. Rappelez cette après-midi. Au revoir.
Elle n’eut pas le temps de répondre.
- Mais c’est qui cette femme ? Quelle voix antipathique ! Elle avait pourtant l’air de me connaître.
Judith la regardait perplexe.
- Je rappellerai vers deux heures.
Au même instant à 963 miles de là, dans le Montana, le facteur de Walkerville arrivait à l’école du village et remettait le courrier à Virginia. Celle-ci remarqua immédiatement la lettre adressée à Loïs. Elle avait été postée le 11 à Costa Mesa.
Il faisait doux. Un petite pluie fine noyait le paysage.
La matinée s'écoula interminable.
A deux heures pm, Loïs appela. Il n’y eut qu’une seule sonnerie.
Elle ferma les yeux.
La voix de Don résonna dans l’écouteur.
… to be continued
23:19 Publié dans Loïs, les dessous... | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
Commentaires
Tu as des images littérales dont on dira plus tard qu'elle furent créées de manière instinctive. Oui je pense que je ne t'apprends rien. Ce truc géant parmi d'autres " le déclic résonna jusque dans la poitrine de Loïs "...Que dire sinon que l'homme est inspiré,OUI !
Ecrit par : ChergulfClone | 17.12.2006
arghhh filou...tu sais garder le suspens dis donc !! couper juste au moment où....
Il va falloir se réarmer de patience alors pour en savoir plus...
Ecrit par : lacigale | 17.12.2006
...non mais!!!
Vraiment couper la...tsss tsss tsss!!!
Ecrit par : lektriss | 17.12.2006
Cher père-noêl Bernie pourrais-tu nous déposer sous le sapin un happy-end le 25 décembre, tu sais que c'est la tradition les cadeaux, et puis j'ai été sage alors...
Ecrit par : mab | 17.12.2006
Aaaahhhhhh !!!!
Je t'imagine jubilant, sachant comment nous allons réagir en arrivant à la fin de l'épisode !!
Très cher Bernie vous êtes très doué !
Ecrit par : cile | 17.12.2006
tu fais exprès hein??? de t'arrêter comme ça, nous laissant sous la pluie!!!
Ecrit par : mae | 17.12.2006
Oui il fait exprès! C'est pas juste là....
Si demain il n'y a pas la suite...............(je ne sais pas encore ce que je ferai!) ;-)
Ecrit par : onditque | 17.12.2006
Bon ben en attendant, je reprendrais bien une Corona mais avec un zeste de lime coincé dans le goulot de la bouteille....t'as pas une p'tite Tequila as well ? Et puis un coffe, free refill .....Have a nice day !
Ecrit par : bérangère | 18.12.2006
Je lis (silencieusement) les aventures de Loïs depuis pas mal de temps. Mais là, franchement, le suspens devient insupportable ... je vais finir par aller acheter une bouteille de Corona, encore que je craquerais plus volontiers pour un verre de Southern Comfort.
Ecrit par : annnieday | 18.12.2006

