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03.12.2006

Loïs, les dessous d'une carte - VII

medium_Greeting_1.jpgRiverside County
Californie
Jeudi 13 janvier 1949




Judith entraîna Loïs vers le parking de l’aéroport. La pluie avait cessé. Les nuages s’effilochaient et laissaient entrevoir des bandes irrégulières et mouvantes de ciel bleu. Judith lança le sac de Loïs à l’arrière d’un pick-up qui avait du connaître, il y a longtemps, des jours meilleurs et la fit monter dans la cabine.
- T’inquiète pas, ma Chevy fait un peu délabrée mais elle roule !
Effectivement elle roulait, un peu vite même. Les mains posées bien à plat sur le volant Judith parlait, parlait, sans quitter la route des yeux.
Ses parents s’étaient installés dans le comté de Riverside en 1910 et avaient créé de leurs mains une plantation. Imagine, plus de 3.000 acres d’orangers « Valencia ». A l’automne 39, son père avait été terrassé par un infarctus. Elle avait alors repris l’exploitation et au cours de l’hiver suivant avait épousé Allan.
Allan ? Elle en était folle depuis l’enfance, tu verras, il ressemble à James Stewart, peut-être en plus costaud. Elle l’avait très vite convaincu d’abandonner son job d’assureur. Ce n’est pas un métier quand on vit sous un tel climat et que l’on a trois mille acres de vergers sous les pieds. Ils avaient deux enfants Daisy, sept ans et Bill, cinq ans.
La radio ? Au départ c’était Allan. A la High school il animait le radio-club. Il lui avait appris les principes de base en échangeant leur premier baiser. Elle s’était très vite passionnée et pour la radio et pour les baisers, avait passé sa licence de Novice [1]. Depuis, elle était restait active sur les ondes et avait aidé Mary-Lou a mettre sur pieds l’association féminine de la Californie du sud. Elle avait décroché sa licence Extra class [2], le mois dernier.

Passé Pomona, les habitations s’espacèrent pour faire place à des champs d’orangers alignés au cordeau. Le soleil couchant éclairait au loin des sommets enneigés. Il faisait chaud dans la Chevy, Loïs déboutonna son manteau et changea de position, la banquette était raide, inconfortable, amplifiant chaque cahot. La fatigue l’engourdissait et elle faisait des efforts pour suivre le bavardage de sa voisine. Elle baissa un peu la vitre.

Quand Judith freina pour engager le pick-up dans un chemin de terre, il faisait nuit noire.
Allan les accueillit sur le pas de la porte. En le voyant Loïs pensa aux bûcherons du Montana, aussi grand, aussi large et des mains comme des battoirs. Il était encore plus roux que sa femme. Sûr que James Stewart ne se serait pas reconnu dans une glace.
Les enfants vinrent l’embrasser intimidés et disparurent très vite dans leurs chambres.
Allan avait préparé le dîner.
Loïs raconta sa vie, de la Louisiane à Walkerville. Elle évoqua la neige, le froid, l’isolement, mais aussi son immense bonheur d’être indépendante et de se consacrer à ses élèves.
- Parle nous de Don, comment vas-tu t’y prendre ?
Il y eut un silence. Loïs réalisa soudain quelle était partie sur un coup de tête et sans stratégie arrêtée.
Allan regarda sa femme.
- De qui s’agît-il ?
Judith résuma, pour son mari, la situation en quelques phrases
Allan ouvrit une bouteille de bière. Il souriait.
- Alors, comme ça, tu es tombée amoureuse du beau Donald Stanson ?

to be continued


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[1] Aux U.S.A. les radioamateurs doivent passer un examen pour pouvoir utiliser une station radio. Il existe différents niveaux : la licence Novice correspond au premier degré exigé.
[2] La licence Extra class, correspond au niveau le plus élevé et exige des connaissances approfondies tant au plan technique que pratique.

Commentaires

(je suis aux fourneaux, je reviens lire tranquillement après, chut ;-)

Ecrit par : onditque | 03.12.2006

Toi, aux fourneaux ! que se passe-t-il ? ;)

Ecrit par : Bernie | 03.12.2006

en fait la radio, c'est un peu comme le net, ça rapproche les gens ...et finalement ils finissent par se découvrir...la rencontre est proche...que nous réservent-ils?? je suis impatiente de le savoir !!

Ecrit par : lacigale | 03.12.2006

j'ai triché j'ai d'abord regarder la fin....mais c'est pas la fin encore, alors j'ai commencé par le début! roh on va savoir quand!!! tu fais exprès ;o)
ah les femmes , ça se lance sur des coups de tête bien souvent..
bisous

Ecrit par : lollah | 03.12.2006

Je suis aux "fourneaux" comme certaines sont à la radio, c'est à dire Extra class (si je veux bien!;-) (j'espère que personne ne me lit...)

Ecrit par : onditque | 04.12.2006

Je n'ai jamais conduit de Chevy mais une Pontiac de 68, "convertible" red body and white top...un plein pour faire cent miles...C'était en Floride, a long very long time ago....bon tu ne vas plus nous faire mariner trop longtemps cette fois ?

Ecrit par : bérangère | 04.12.2006

Est-ce que de son côté Don n'aurait pas décidé d'aller la rencontrer à Walkerville ?

Ecrit par : Elvire | 05.12.2006

Ton blog refuse mon commentaire parce que mon idée ne lui plait pas ?

Ecrit par : Elvire | 05.12.2006

Voyons voir, ton éditeur contrôle et détermine ce que tu peux livrer sur le net ? Non, j'y crois pas ! pourtant c'est inquiètant que tu nous gardes au chaud sur le grill...ça pour attendre, on attend.Oh la surprise finale sera de taille heureusement !

Ecrit par : ChergulfClone | 05.12.2006

Bernie se prend pour Alexandre Dumas et ses feuilletons, mais ce n'est pas grave j'adore les choses qui durent.

Ecrit par : mab | 06.12.2006

et hop! un petit coup de Loïs dans le nez jusqu'à la prochaine! ça c'est du feuilleton!

Ecrit par : mae | 06.12.2006

°°°Cigale : La radio [...] ça rapprocheles gens... encore plus que tu ne peux l'imaginer. Je pourrais écrire un livre... ben au fait...
°°°Lollah : ça vient, ça vient... à moins d'un nouveau coup de tête ;)
°°°Onditque : Cordon bleu extraclass ? yrreT me l'a toujours dit... je veux voir et goûter !
°°°Bérangère : Wouahhh ! une Pontiac 68 ! le rêve !
°°°Elvire : Aurais-tu un pressentiment ?
°°°CherGulf : tu connais les éditeurs, le mien met la pression. Pas si vite, pas si vite ! dit-il.
°°°Mab : Alexandre... là c'est trop ...;)
°°°Mae : un genre qui disparaît... ;)

Ecrit par : bernie | 06.12.2006

Allan ouvrit une bouteille de bière. Il souriait.
- Alors, comme ça, tu es tombée amoureuse du beau Donald Stanson ?


Arrêt sur image ?

Ecrit par : bérangère | 08.12.2006