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06.11.2006

Loïs, les dessous d'une carte - V

medium_Ecole.jpgWalkerville, Silver Bow County
Montana
Samedi, 8 janvier 1949






Le front appuyé contre la vitre, Loïs regardait sans les voir les arbres couverts de givre et la neige sale de la rue déserte. Pour la première fois depuis son installation à Walkerville, elle se demandait ce qu’elle faisait là.

En juillet 1942, diplôme en poche, après une violente dispute avec sa mère et une rupture avec sa famille, elle avait quitté les rives du Mississipi et les moiteurs de sa Louisiane natale pour partir loin, le plus loin possible.
Elle était arrivée dans ce village perché à plus de 1.800 mètres d’altitude, à proximité de Butte, le chef lieu du comté.
C’était un village de mineurs aux maisons de bois sommaires, mal entretenues, disparates, bordant une rue poussiéreuse, un vrai village de western. Plus haut, au-delà des dernières baraques, elle apercevait l’enchevêtrement de poutrelles métalliques des installations minières. Walkerville n’existait que pour l’or et surtout l’argent que recelait son sous-sol.
Dans le haut de la rue, elle avait découvert l’école où elle était attendue. C’était une maison toute simple en bardage de bois peint en blanc et aux volets rouges, presque pimpante dans cet univers maussade, une école minuscule qui ne devait pas accueillir plus d’une trentaine d’élèves.
Virginia, ravie de voir enfin arriver une collègue pour la seconder et prendre en charge la middle school, l’accueillit avec chaleur. Elle lui fit les honneurs de son école. Ce fut rapide, deux salles de classe avec leurs énormes poêles à bois au rez-de-chaussée, au premier étage deux pièces entièrement lambrissées où Loïs pourrait s’installer.
Devant la jeunesse de sa future collègue, Virginia s’interrogeait. Comment une jeune femme de vingt ans, célibataire, allait-elle s’intégrer dans cet univers âpre, peuplé en majorité de familles venues de Cornouailles, de Pologne, de Hongrie, ou d’Italie. Une population travailleuse mais au contact rugueux. Et surtout, il y avait l’hiver, le froid intense et la neige qui isolait le village plus de huit mois par an ?
Mais Loïs était enthousiasmée par tout ce qu’elle découvrait en cet après-midi d’été. Elle se sentait légère et libre, tellement libre! La douceur de l’air, presque frais, l’enivrait. Les Montagnes Rocheuses, imposantes avec leurs forêts sombres et mystérieuses, leurs parois déchiquetées de roc nu et leurs sommets enneigés la fascinaient et estompaient les dures réalités de Walkerville.
...
La nuit était tombée. Le front toujours appuyé contre la vitre, Loïs regardait sans les voir les tristes halos jaunâtres des rares lampes de la rue. Elle ne supportait plus ces hivers sans fin. Elle avait tenu six ans, c’était un hiver de trop. Une larme roula sur sa joue.

ndla : J'avais oublié... to be continued, of course

Commentaires

Et aprés, je redoute l'épilogue, je le sens mal.

Ecrit par : mab | 07.11.2006

Oh mon Bernie !... la nostalgie des States pulse une bien belle énergie dans tes fines lettres...Non, je ne crois pas qu'il s'agisse ici simplement d'un récit construit de toutes pièces...Il y a du vécu là coco, non ?...hein ? oh si !...bon, pourtant ça sonne si juste...arrète de nous bluffer là !

Ecrit par : Chergulfclone | 07.11.2006

suis assez d'accord avec CGC...tu en sais trop sur ces contrées pour nous bluffer....tell us the true! Is she in love or merde !

Ecrit par : Bérangère | 07.11.2006

je le savais que ce serait triste....mais j'ai rattrapé mon retard de lecture chez toi...et j'attends la suite avec impatience...c'est triste mais beau...

Ecrit par : lacigale | 07.11.2006

c'est tout tristounet ça!! aura t elle l'occasion de sécher ses larmes ?

Ecrit par : mae | 08.11.2006

Et......? Je reste toujours sur ma faim! :-)

Ecrit par : onditque | 09.11.2006

Conclusion si on doit etre coince dans une petite ville avec des gens grognons, il vaut mieux le faire dans un pays chaud.

Ecrit par : Nathalie | 09.11.2006

une larme roula sur sa joue, là maintenant elle a du tomber on "ze" floor ! Nope ?

Ecrit par : Bérangère | 10.11.2006

°Mab : je ne me laisserai pas influencer ;)
°°Cher Gulf & Bérangère1 : Cela parait tant que ça ?
°°°Cigale : et si.... ah mais cela change tout ! heureux de te retrouver.
°°°°Mae : peut-être...
°°°°°Onditque : un petit morceau de chocolat en attendant ? sourire.
°°°°°°Nathalie : oh oui !
°°°°°°°Bérangère2 : elle est gelée (la larme) et s'est arrêtée net.

Ecrit par : bernie | 10.11.2006

tu nous tiens bien en haleine!
bisous

Ecrit par : lollah | 12.11.2006