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28.10.2006
Loïs, les dessous d'une carte - IV
General Hospital
Pasadena, Californie.
5 janvier 1949
Don avait passé une nuit calme. Les dernières molécules d’anesthésique s’étaient dissipées, la douleur était devenue sourde et lointaine. Il se cala contre l’oreiller.
Le chirurgien entra avec Betty, l’infirmière-chef.
- Vous ne devriez plus avoir de problème. Dans trois jours vous rentrez chez vous et dans un mois, je vous revois pour une nouvelle prothèse. On va vérifier votre pansement. Je vous laisse.
Betty, s’installa à coté du lit.
Elle connaissait bien Don. Elle l’avait rencontré la première fois en Algérie puis, affectée en 1946 à Marseille en revenant des Philippines, elle l’avait retrouvé à Marignane. Elle dirigeait l’équipe d’urgence quand le bombardier s’était écrasé sur la piste.
Elle avait la peau sombre et satinée des portoricaines, un accent latino, des cheveux courts, très noirs, avec des accroche-cœurs qui lui valaient le surnom de Betty Boops. Petite et toute en rondeur elle avait la réputation d’être capable de faire face aux situations extrêmes et d’avoir le pire caractère de l’Army Nurse Corp.
Ses gestes étaient sans douceur mais précis. Pas un de trop. Elle vérifia la plaie, refit le bandage, parue satisfaite. Au moment de reprendre son plateau, elle rompit le silence.
- Toujours aussi peu bavard Stanson.
Don la regarda étonné.
- Tu crois que je ne vois pas ton petit manège, Donald. Arrête ton cinéma, cesse de t’apitoyer sur ton sort, tu es vivant. Tu entends, vivant, le seul survivant de l’accident de Marignane. Je me demande comment d’ailleurs, vu ce qu’il restait de l’appareil. Allez, souris un peu à la vie.
Au moment de sortir de la chambre, elle se retourna.
- Tu lui as répondu ?
- Pardon ?
- Comment s’appelle-t-elle déjà ? Loïs ? c’est ça ! J’ai trouvé sa carte, elle est dans ton blouson. Quand une femme est capable d’envoyer un message comme ça c’est qu’elle attend une réponse. OK ? A demain.
Don avait rougi comme un gamin pris en faute.
Non, il n’avait pas oublié Loïs. C’était ce qui lui était arrivé de mieux depuis son retour aux U.S.A.
Il terminait ses études interrompues par la guerre, à l’Université., mais refusait de retrouver ses anciens amis. Il voyait encore le mouvement de recul d’Helen, un ancien flirt, son air effrayé, quand elle avait découvert sa main de cuir.
La rencontre avec Loïs avait tout changé. Il se souvenait de leur premier contact radio, de la complicité qui s’était installée entre eux. Il attendait ses lettres avec l’impatience d’un adolescent et leurs rendez-vous en phonie étaient des moments de bonheur.
Puis il avait réalisé que leur relation ne pouvait en restait là, se limiter à ces discussions par radio interposée. Ils avaient besoin de concret. Il avait très envie de mieux la connaître, de la voir, de la toucher.
Il ne craignait pas d’être déçu en la rencontrant enfin. Mais elle, comment allait-elle réagir en le voyant ?
Et là tout se bloquait dans sa tête. Elle allait découvrir son infirmité.
Cette idée lui était insupportable.
To be continued...
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26.10.2006
Ciel, je suis découvert !
Oui !
Je craque, Gulf a des doutes, Bérangère s'interroge...
Certaine se taise, on comprend pourquoi... ;)
Certaine save mais refuse de parler... re ;)
J'avoue !
Oui, je parle cette langue couramment.
PS : Je ne cacherai rien, voici donc l'image originale qui a servi à faire la vignette-logo de Bernie Blues.
Un film : Si tous les gars du monde. Christian Jaque 1956, avec J.-L. Trintignant, Jean Gaven, Marc Cassot...
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